Choisir les fondations d'une extension sur un terrain argileux demande plus de précautions qu'ailleurs, car ces sols bougent avec l'eau. Voici ce que disent les textes officiels, les solutions de fondation courantes et un exemple réel à Aussonne.
Le retrait-gonflement des argiles, en deux phrases
Un sol argileux se rétracte quand l'eau s'évapore en période sèche, puis gonfle quand l'apport d'eau redevient important. Selon le ministère de la Transition écologique, ces mouvements répétés sous les constructions peuvent affecter les fondations et créer des fissures ou des tassements, jusqu'à rendre une maison inhabitable dans les cas les plus graves.
Une extension repose sur un sol neuf, à côté d'une maison qui a ses propres fondations : les deux ne réagissent pas forcément de la même façon.
Le Tarn-et-Garonne et le nord toulousain, des secteurs très exposés
Le ministère a mis à jour la carte nationale d'exposition par un arrêté du 9 janvier 2026. Les zones d'exposition moyenne et forte couvrent désormais 55 % du territoire, contre 48 % dans la carte de 2020. Ce nouveau zonage s'applique aux ventes et contrats conclus à partir du 1er juillet 2026.
Le Tarn-et-Garonne fait partie des 11 départements retenus par l'État pour le Fonds de prévention argile, un dispositif expérimental qui vise, dans le département, les maisons situées en zone d'exposition forte. En Haute-Garonne, dans les communes du nord toulousain comme Aussonne ou Bruguières, l'exposition n'est pas la même partout : seule la carte vous dira où se situe votre parcelle.
Vérifier l'exposition de sa parcelle sur Géorisques
Le site public Géorisques permet de saisir votre adresse, ou de rechercher une parcelle cadastrale, pour connaître les risques qui la concernent. Le guide du ministère « Construire en terrain argileux » présente aussi le service ERRIAL, qui établit l'état des risques d'un bien et indique son niveau d'exposition aux argiles : faible, moyen ou fort.
Ce niveau ne remplace pas une étude géotechnique, qui s'appuie sur des sondages sur votre terrain.
Ce qu'impose la loi ELAN, et ce qu'elle ne dit pas des extensions
L'article 68 de la loi ELAN s'applique dans les zones d'exposition moyenne et forte. Le vendeur d'un terrain non bâti constructible doit fournir une étude géotechnique préalable (G1). Avant le contrat de construction, le maître d'ouvrage fait réaliser une étude de conception (G2), ou le constructeur respecte des techniques particulières fixées par la réglementation. Pour une maison individuelle neuve, une attestation de prise en compte du risque accompagne la déclaration d'achèvement des travaux.
La page du ministère parle de maisons individuelles et ne cite pas les extensions. Son guide « Construire en terrain argileux » (édition de novembre 2021) les mentionne : si vous ajoutez une extension à votre habitation en zone moyenne ou forte, vous pouvez soit transmettre l'étude de conception au constructeur, soit lui demander de suivre les techniques particulières de construction. Pour votre cas précis, interrogez un bureau d'études géotechniques ou votre mairie. Une étude de sol reste recommandée sur un terrain argileux.
Les solutions de fondations pour une extension en terrain argileux
Le guide du ministère et l'arrêté du 22 juillet 2020 sur les techniques particulières de construction décrivent plusieurs principes. C'est le bureau d'études qui choisit et dimensionne la solution adaptée à votre terrain.
Semelles plus profondes et chaînages
Les fondations descendent au moins à 1,20 m en zone d'exposition forte et à 0,80 m en zone moyenne, sauf si un sol dur non argileux apparaît avant. Elles sont en béton armé coulé en continu, avec un ancrage homogène sur tout le pourtour. La structure est rigidifiée par des chaînages horizontaux et verticaux, et par des linteaux au-dessus des ouvertures.
Les textes traitent aussi les abords : gouttières évacuées loin des façades, sol imperméabilisé, arbres tenus à distance.
Joint de rupture avec la maison existante
L'arrêté demande que les fondations soient désolidarisées de celles d'une construction mitoyenne, et le guide illustre ce principe par un joint de rupture. Pour une extension, l'idée est que la partie neuve et la maison existante puissent bouger chacune de leur côté sans se fissurer à leur jonction. La façon de traiter ce raccord, en fondation comme en mur et en toiture, se décide au cas par cas.
Longrines sur micro-pieux, quand le bon sol est profond
Les micro-pieux figurent parmi les solutions citées par le guide. Ce sont des pieux de petit diamètre qui vont chercher un sol porteur en profondeur. Des longrines en béton armé, posées sur ces pieux, reçoivent ensuite le plancher et les murs. Leur nombre et leur profondeur se calculent à partir d'une étude de sol.
Exemple : l'extension sur micro-pieux d'Aussonne
À Aussonne, au nord-ouest de Toulouse, AS BTP a réalisé l'agrandissement d'une maison fondé sur des longrines béton et des micro-pieux. Sur cette base, le chantier s'est poursuivi ainsi :
- plancher en hourdis et poutrelles avec entrevous en polystyrène ;
- murs montés en brique à coller ;
- charpente traditionnelle, couverture en tuiles DC12 et noue en zinc ;
- ouverture d'un mur porteur de 4 mètres et pose d'une poutre HEA.
Résultat : une extension raccordée à la maison existante, avec une grande ouverture sur la nouvelle pièce. Le détail est sur la fiche agrandissement sur micro-pieux à Aussonne. Aussonne est voisine de Blagnac, dont la page dédiée présente nos interventions dans ce secteur.
Autre cas, à Montbeton, près de Montauban : un radier a été réalisé pour accueillir un futur garage et un agrandissement en ossature bois. Le chantier a compris le terrassement, la création d'un nouveau réseau d'eaux usées, le coffrage et le ferraillage des radiers, puis le coulage (voir le radier de Montbeton).
Questions fréquentes
Une étude de sol est-elle obligatoire pour une petite extension ?
En zone d'exposition moyenne ou forte, le guide du ministère prévoit soit une étude de conception, soit le respect des techniques particulières de construction. Hors de ces zones, une étude peut rester utile sur un sol argileux. Votre mairie ou un bureau d'études vous dira ce qui s'applique à votre cas.
Peut-on accoler l'extension directement contre la maison ?
Oui, mais les fondations de la partie neuve sont en principe désolidarisées de celles de la maison, avec un joint entre les deux. Le détail du raccord est défini par le bureau d'études selon le sol et les fondations existantes.
Ma maison a déjà des fissures : puis-je quand même agrandir ?
Faites d'abord établir l'origine des fissures par un professionnel du diagnostic, et prévenez votre assureur s'il s'agit d'un sinistre. Notre article sur les fissures et la sécheresse sur sol argileux détaille les signes et les démarches.